mardi 24 février 2015

Sonia Delaunay

Visite de l'expo Sonia Delaunay au Musée d'art moderne de Paris. Il était moins une, l'expo fermait le lendemain !
A vrai dire, avant cette expo, je ne connaissais pas grand chose de Sonia Delaunay ni de son mari Robert.
Je passe sur le mari, car là n'était pas le thème de l'expo, pour m'en tenir à Sonia. 
Eh bien, quelle femme ! Quelle personnalité ! Quelle artiste à forte tête ! Je visite cette expo un mois après celle sur Niki de Saint Phalle : on ne peut faire plus fort en matière de femmes artistes de premier plan au XXe siècle (Ah si, Frida Kahlo ! Marie Laurencin !).

Sonia Stern naquit près d'Odessa en 1885 et fut élevée par son oncle et sa tante riches bourgeois de Saint-Pétersbourg. A 18 ans, elle partit étudier la peinture en Allemagne. A 20 ans, elle débarquait à Paris et découvrait Cézanne, Van Gogh, Gauguin, Matisse... Elle exposa en 1907 aux côtés de Braque, Picasso, Derain, Dufy... Ses portraits de jeunes finlandaises réalisés autour de 1908 témoignent de ces inspirations.

Sonia est déjà une artiste peintre quand elle rencontre Robert Delaunay. 
Le couple s'entend à merveille et développe de concert l'approche simultanée empruntée à Chevreul (l'orphisme selon Apollinaire) qui repose sur le pouvoir constructif et dynamique de la couleur, l'introduction du contraste simultané des couleurs. Il ne faut pas m'en demander plus car je dois avouer ne pas avoir bien saisi malgré cette expo le sens précis du simultanéisme...
Expo Sonia Delaunay au MAM, 02/2015
Par la suite, Sonia progresse toujours mais dans l'ombre de son mari. C'est une "femme de... ".
On la consacre moins comme artiste peintre (et pourtant quelles belles oeuvres) que comme styliste, designer puisqu'elle s'est lancée dans l'art pour le quotidien : vêtements prêts à porter, tapis, tissus décoratifs etc. 
A la mort de Robert en 1941, elle prend à coeur de mettre en valeur le patrimoine de son mari. Plus tard seulement, elle s'affirme totalement comme une artiste pleine et entière. Quel bonheur d'écouter son interview télévisée (archive INA) présentée à la fin de la visite. Femme de caractère, de passion, amoureuse des couleurs.
Elle meurt à 94 ans. Quelle vie !

Ce que j'ai beaucoup aimé dans cette visite :

- la première salle avec les tableaux "finlandais" : Sonia Delaunay a peint de merveilleux portraits de jeunes finlandaises
- la couverture en patchwork qu'elle avait brodée pour son fils en 1911
Le bal Bullier (1913)
- la fresque "Le bal Bullier" représentant des danseurs de tango : superbe
- la salle "Portugal" avec les tableaux d'une femme avec pastèque, scènes de marché, puis dans la salle "Palais de l'air", les esquisses des "voyages lointains"
Robert Delaunay au MAM / Paris
- certains tableaux de prismes électriques, ceux aux couleurs plus pastel (comme celui de l'affiche de l'expo)
- le rideau paravent qui provient de son appartement avec un poème de Philippe Soupault
- les tenues de baignade, avec l'ombrelle et le sac... Dans cette salle "La Fabrique", nombreux échantillons de tissus imprimés et de croquis de robes, pyjamas... Là je fus frappée par le style art Déco de Sonia Delaunay en particulier dans les dessins des mannequins et les motifs des robes (cela m'a rappelée l'expo sur Tamara de Lempicka) , et je me suis fait la réflexion qu'on ne l'associait pas à l'Art Déco sinon toujours à l'abstraction ou au cubisme...
- la superbe mosaïque posée au sol.

La partie sur l'aéronautique m'a moins passionnée.

Après cette visite au pas de course, vite j'ai écumé quelques salles du MAM, en commençant par les gigantesques tableaux de Robert Delaunay.

Bien contente aussi d'être tombée sur un "tir" de Niki de Saint Phalle ("Notre Dame de Paris") dans la salle des nouveaux réalistes.

--> Rubrique "Expos"

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