lundi 26 novembre 2012

Soutine, le peintre aux magnifiques portraits déformés et paysages tortueux

Affiche Soutine (M. Castaing) dans le métro
Vite, sortie du bureau anticipée vendredi et direction le Musée de l'Orangerie au Jardin des Tuileries.

Chaïm Soutine (1893-1943) est né à Minsk (actuelle Biélorussie) au sein d'une famille juive d'origine lituanienne.
Il débarqua à Paris en 1913, et rencontra le succès dès 1922 quand le collectionneur américain Julian Barnes lui achète 50 tableaux et le marchand collectionneur parisien Paul Guillaume 22. Soutine ne connut donc pas une vie d'artiste de galère, et l'on ne peut imputer son style dit "tourmenté" aux tourments de la vie qu'il aurait pu traverser à l'instar d'autres artistes.


L'expo distingue les trois grands thèmes de ses peintures : portraits (j'ai beaucoup aimé), paysages (j'ai trouvé certains très beaux, d'autres moins attirants) et des natures mortes notamment d'animaux ou carcasses (hormis ses natures mortes de glaïeuls, je n'ai pas ressenti d'attrait particulier pour celles d'animaux morts). J'ai du reste pressé le pas dans la salle des natures mortes... pas mon truc.

Un beau portrait de Soutine réalisé par son ami Modigliani nous accueille à l'entrée de l'expo.
Ensuite, nous sommes happés par une succession de portraits absolument magnifiques peints par Soutine, dont celui représentant la décoratrice et mécène Madeleine Castaing (affiche officielle de l'expo).

Soutine : La jeune Anglaise (1934)
Les visages sont particuliers : tous présentent une déformation, le sourire tordu ou le nez immense, les oreilles en feuille de chou, les yeux mal alignés, les traits parfois grossiers... en contraste avec leurs costumes ou tenues apprêtés.
Ces portraits m'ont rappelé les formes torturées du peintre autrichien Egon Schiele. Les connaisseurs expliquent que Soutine est très sensible à ses modèles et que les grimaces ou distorsions qu'il leur inflige sur ses tableaux reflète son interprétation de la psychologie particulière de ces modèles.

J'ai beaucoup aimé le portrait de jeune fille anglaise peint par Soutine. On dirait le portrait craché de mon amie londonienne Maxine !

Le portrait de Mme Castaing montre cette très belle femme élégamment vêtue d'une robe rouge et d'un manteau bleu - "le visage triangulaire au nez étiré, légèrement décalé, la bouche  rouge, le regard scrutateur révèlent la force de son caractère". (plaquette de l'expo).
 
Affiche Soutine Paris métro Nation :
Ordre et chaos...


"Sensibilité extrême et véritable passion pour ses personnages" (plaquette expo).









Les paysages n'obéissent à aucune perspective académique, les routes serpentent, les villages ondulent, les arbres déploient des branches dans tous les sens. 
Paysage (1922/23)

Arbre couché (1923/24)














La maison blanche (1918)






Arbres convulsés, branches sinueuses. Paysages balayés par le vent.
Impression de tourbillons.
Les couleurs sont souvent vives et contrastées.
Certains tableaux font penser à Van Gogh.

Soutine Jardin des Tuileries

Une expo à ne pas manquer !


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dimanche 25 novembre 2012

Herta Müller : "L'homme est un grand faisan sur terre"

Pas de faisan dispo pour ma photo, mais les pigeons
sont finalement pertinents pour ce roman
***** Réf pays : Roumanie / Allemagne (1986) - Genre : Chronique d'une fuite en avant tout en grisaille et misère

Aimé ? Pas aimé ? Mon sentiment est particulier.
Un livre très court, mais de lecture peu facile. Le début m'a déconcertée, surtout les scènes plutôt crues et inattendues qui m'ont rebutée. J'ai manqué abandonner, mais je me suis dit : allez, livre poids plume, auteur Prix Nobel... quelques trajets de RER et j'en aurais fini de ces quelques 125 p. Je reconnais : comportement très prosaïque.
Je pense avoir bien fait de persévérer : j'ai découvert un auteur inconnu avant son Nobel, narrant les affres de la (grande) Histoire entremêlées avec les (petites) histoires misérables d'un pays de l'Est sous joug totalitaire, la Roumanie de Ceaucescu.
Zoom sur un village roumain où vivent quelques familles allemandes (de la minorité Souabe) qui, les unes après les autres, entreprennent d'émigrer en Allemagne. Nous suivons le meunier Windisch dans cette quête du Graal, livrant ses sacs de farine et payant des intermédiaires pour obtenir les passeports. Les petits détails de la grisaille quotidienne.
Disputes avec sa femme, inquiétude désabusée à propos de son adolescente qui devra être offerte aux représentants corrompus et graveleux de la police et de l'Eglise avec la complicité de la postière pourrie, regard méprisant ou mesquin sur les voisins, jalousie, et vice versa.
Tout est gris, sombre, miséreux, sans espoir.
Aucune joie, aucune complicité avec quiconque, des mots très durs entre mari et femme, un ressentiment qui date de leur retour de guerre et qui a formé une chape de plomb entre eux deux. Mensonges, tromperies, pots de vin, corruption des autorités, délation...
Et un paysage en arrière-plan dénudé, froid, gris, austère, désarticulé entre pluies et sécheresse.
Je déduis que le récit se déroule entre 1965 (arrivée de Ceaucescu) et 1970 : fonction du retour des camps de prisonniers après-guerre de Windisch et l'âge de sa fille Amélie (16 ou 17 ans).

Herta Müller, née en Roumanie au sein de la minorité allemande des Souabes, a reçu le prix Nobel en 2009 pour avoir "avec la densité de la poésie et la franchise de la prose, dépeint l’univers des déshérités".
Le style est impersonnel, factuel, dépouillé. Parfois dérangeant, cru. Les personnages ne sont pas attachants, les dialogues sont épurés et de toutes façons incisifs ou dépourvus d'émotion. Les chapitres se succèdent sans véritable séquence. C'est un roman sans aucune note de joie qui décrit des personnages désabusés qui ne partagent que le fait d'habiter un même village et de vouloir s'en aller à l'Ouest.
Comme le précise la 4e de couverture : "Depuis que le meunier Windisch veut émigrer, il voit la fin du monde partout dans le village". Et je me suis fait la réflexion que ce serait un intéressant travail scolaire que de relever justement toutes ces impressions de fin du monde qui essaiment le récit.
Finalement, il se dégage une vraie poésie de ce petit roman, avec des notes surréalistes qui m'ont fait penser à l'écrivain russe (que j'apprécie bcp) Vladimir Sorokine et ses récits de dystopie, et puis le poids des superstitions (l'arbre qui mange ses pommes...) m'a également fait penser au remarquable roman de Tea Obrecht, "La femme du tigre" qui se situe dans l'ex-Yougoslavie.
Un petit livre que je conseille aux lecteurs patients, et qu'intéresse le contexte historique et géographique : la Roumanie d'alors et le vent d'espoir soufflant vers l'Ouest. La fin du roman n'en est que plus parlante, réaliste. "Tout ça pour ça" pourrait-on penser.

Quelques extraits :
- Le ciel s’est consumé pendant 7 jours. Il s’est déplacé jusqu’à l’extrémité du village. Dans la vallée il a regardé le fleuve dont il a bu l’eau. Il a plu. p31
- Ce soir-là, la nuit vint très tard. Le soleil était tellement chaud qu’il ne pouvait trouver la fin du jour. La nuit jaillit de la terre et s’étendit sur le village. p39
- Windisch marche à côté de sa femme sous le parapluie noir. C’est un grand chapeau noir. La femme de Windisch porte un chapeau au bout d’une tige. p67
Piéride du chou
"vol de farine et de vent"
dans le roman, elle finit écrasée
par la mère sur un miroir
- Par la fenêtre une piéride du chou entre dans la chambre. Windisch la regarde. Vol de farine et de vent. P91
- Avec ses seuls yeux et sa pierre dans la poitrine, Windisch dit à haute voix : "L’homme est un grand faisan sur terre". p94. Pas d'autre explication concernant le titre surprenant du roman.
 (Ed. Folio, 125 p)
Voir aussi :

jeudi 15 novembre 2012

Radiohead en concert : les photos / pics !

RADIOHEAD à Bercy le 12/10/2012 suite : Et voici quelques photos souvenirs !
Des jeux de lumières époustouflants, un spectacle scénique et un jeu de scène de notre Thom Yorke à tomber... Respect pour le public. Public conquis. Moment magique.


Feux d'artifice de lumières et couleurs magnifiques
Thom et Johnny

Thom Yorke dans les panneaux scéniques : habité... et nous, transportés !


NB : dur dur d'immortaliser des scènes de concert avec un compact (je me répète, I know...) - sniff ! Heureusement que la mémoire humaine (des aficionados qui y tiennent) conserve précieusement ces moments.
PPS : Dear dear Père Noël, please, a new camera for me - (mon époux, si tu me lis d'ici Xmas...)

Radiohead en concert Paris 2012...

afficheRADIOHEAD - Paris, 12 octobre 2012
 Au départ, j'avais pris les billets avant tout  pour faire plaisir à ma moitié... (multishame on me).

Au final, un concert exceptionnel de nos p'tits gars d'Oxford, avec un mélange de morceaux anciens et récents.
Et mon adoré Myxomatosis...
Par contre, pas de Creep (on s'y attendait, mais on ESPERAIT tous au fond de nous-mêmes) et pas de Karmapolice...
Mais un concert sincère avec un groupe proche de son public, et même Johnny qui nous a parlé en français à la fin, et Thom Yorke sublime et en mouvement perpétuel...
UN JEU DE LUMIERES absolument fantastique, dément, magnifique !!!

Concert Paris 12/10/2012 : "There There"

 
Concert Paris 12/10/2012 : "Idioteque" (2e rappel)
 
 
 
La setlist du 12/10/12 :
 
01. Lotus Flower (The Kings of Limbs)
02. Bloom (TKOL)
03. There There (HTTT)
04. The Daily Mail (EP)
05. Myxomatosis (HTTT)
06. Bodysnatchers (in Rainbows)
07. The Gloaming (HTTT)
08. Separator (TKOL)
09. I Might Be Wrong (Amnesiac)
10. Videotape (in Rainbows)
11. You And whose Army ? (Amnesiac)
12. Nude (in Rainbows)
13. Planet Telex (the Bends)
14. The National Anthem (Kid A)
15. Feral (TKOL)
16. Paranoid Android (OK Computer)
—— 1er RAPPEL
17. Exit Music (For A Film) (OK Computer)
18. Staircase (EP)
19. Morning Mr Magpie (TKOL)
20. Weird Fishes/Arpeggi (in Rainbows)
21. Reckoner (in Rainbows)
—— 2e RAPPEL
22. Give Up The Ghost (TKOL)
23. True Love Waits (EP) /Everything In Its Right Place (Kid A)
24. Idioteque (Kid A)
 
Un public de quadras voire de quinquas et des tas de jeunots aussi ! Bercy complet bien sûr.  

dimanche 11 novembre 2012

Frida Kahlo admirait tant la beauté des enfants chinois que...

Pékin, 1996
Jinan, 2002 : frère et soeur exemplaires !
La peintre mexicaine Frida Kahlo est en visite à San Francisco en mai 1931.

Elle écrit alors, à une amie, ses impressions sur la ville et l'Amérique ("gringoland", l'a-t-elle baptisée...)  :


   "Mais ce qui est très bien, c’est le quartier chinois, la foule chinoise est vraiment sympathique. ...

Mon neveu, quel coquin !

... Et je n’ai jamais vu d’enfants plus beaux de toute ma vie que les enfants chinois.
Oui, vraiment, ils sont magnifiques.
J’aimerais en voler un pour que tu le voies."

NB : ce genre de réflexion bien sûr ne s'écrirait plus de nos jours - Frida Kahlo, artiste unique et malmenée/accidentée par la vie, ne put jamais avoir d'enfants.

(extrait de "Diego et Frida", de JM-G Le Clezio, Ed Stock, 1993, p.97)

Frida Kahlo a tellement raison. Ils sont magnifiques ces enfants de Chine. A commencer par mon neveu Denis Ibo !
Dans cette page: un pèle-mêle de photos prises depuis mon 1er voyage en 1996 (argentiques numérisées) jusqu'au plus récent en 2010.

Pékin, 1996
Pékin, 1996, petits et grands enfants jouent au cerf-volant
Bébé à Lijiang, 2010 (dans le magasin d'objets en corne de ses parents)
Hall de l'aéroport de Kunming, 2010, avec Denis et Nico

Fillette à Pékin, 2007 : si fière de son serre-tête
Pékin, 1996 : garçonnet maniant son cerf-volant (quel regard, si concentré et "habité")
Pékin, 2007 : 2 soeurs avec coiffure bouclée
Pékin 2007 : fillette avec plume rose
Bébé sur moto, Xishuangbanna, 2010

Vitrine à Macao (2010)
Publicité en plein air, 2002
Pour finir ce mini-reportage, deux photos anecdotiques prises à 8 ans d'intervalle (2002 et 2010):
- l'une des mannequins en costumes traditionnels (mais visage occidental) dans la vitrine d'un magasin d'habits d'enfants prise à Macao en 2010,
- l'autre prise en 2002, d'une publicité géante montrant des enfants nus de dos (2002). Cela ma fait penser à une pub d'une marque italienne de vêtements, mais en bas de l'affiche figure la mention : "Nippon paint", ce qui force mon interrogation... je dois sonder mon frère !
Ces quelques photos ont été prises entre 1996 et 2010 : si l'on prête attention aux détails... l'évolution du pays est vertigineuse.

mardi 6 novembre 2012

Caryl Ferey : "Mapuche", un polar sur l'Argentine des desaparecidos


***** 2012 - Réf pays : France/Argentine/Uruguay - Genre : polar haletant et instructif
Bon, j'en suis à mon 4e polar Caryl Férey comme beaucoup, mais j'avoue que je me lance à présent à pas feutrés et tremblante depuis le cauchemar que fut pour moi son roman Zulu (paru en 2008, dans lequel il dépeint une Afrique du Sud en proie à la violence la plus inouïe), notamment la fin dont je ne suis toujours pas remise.
On peut dire que je "suis" l'écrivain Caryl Férey : cela m'embêterait de manquer un de ses romans, mais je le suis désormais avec circonspection car vraiment "Zulu" me fut insoutenable.

Son nouveau roman "argentin" Mapuche est fort bien documenté, et quiconque connaît déjà l'histoire de la dictature des généraux, des tortures, des disparus, n'en apprend pas moins sur le traumatisme vécu par ce pays.
On ne peut que sans cesse se poser la question de ces responsables ou simples exécutants qui aujourd'hui mènent une vie plus ou moins aisée ou paisible, une vie parfois perturbée par quelques souvenirs désagréables de l'autre époque... et Caryl Férey excelle à décrire ce présent et remuer le passé.
 
Tombe d'Eva Peron
Il distille ça et là des commentaires incisifs (j'ai retenu entre autres celui sur Eva Peron...) mais indubitablement validés par des recherches et témoignages. Y compris sur ce volet plus méconnu de l'histoire du pays : la "conquête du désert" et la pacification/aliénation des Indiens, Mapuches entre autres.

Les commentaires sur les piqueteros, les cartoneros, l'économie argentine de ces dernières années, l'affrontement avec le FMI... ont le mérite de nous replonger au coeur d'une actualité aujourd'hui un peu lointaine (ce 6 novembre 2012 : cela fait belle lurette que les actus n'ont pas fait mention de l'Argentine).
Banlieue chic d'El Tigre
Pour en revenir à l'auteur, Caryl Férey est un écrivain-journaliste (il a collaboré au Guide du routard).

Mapuche ne pouvait que m'attirer puisque je me suis plusieurs fois rendue en Argentine. Bien sûr, je suis allée à la Place de Mai, j'ai vu la tombe d'Eva Peron au cimetière de La Recoleta (mais depuis la lecture du livre, j'en reviens un peu...), j'ai pris un bateau à El Tigre et me suis totalement retrouvée dans les descriptions des bords de rivière bucoliques (mais pas les scènes d'horreur du roman !) de Caryl Férey... ah, le pisco sour aussi, j'y ai goûté mais d'abord au Chili, son pays d'origine.
Mais la coupe du monde de 1978... : là, le roman de Caryl Férey m'a ouvert les yeux, jamais fait le rapport avec cet événement sportif adulé par les foules du monde entier et le fait que CONCOMITAMMENT les exactions de la dictature militaire atteignaient quasi leur apogée alors que le pays était sous les pleins feux médiatiques et sportifs du monde entier.
 

El Tigre : ce pourrait être dans une de ces vieilles maisons
cossues que les sbires cachaient et torturaient leurs otages
dans le roman (et peut-être pas seulement dans le roman)

J'apprécie la plume de l'auteur, et ses indications historiques savamment distillées. Mais attention, ses romans accordent (trop?) bonne place aux scènes ultra-violentes...
Au petit bonheur la chance, voici quelques extraits :

"En rayant 25 ans de traités signés avec l'Espagne, la constitution de 1810 avait purement et simplement nié les Mapuche, les "gens de la terre" qui vivaient ici en nomades depuis 2000 ans. (...) Les indiens Mapuche ne représentent plus aujourd'hui que 3% de la population argentine, concentrés dans les régions pauvres du sud ou noyés dans les bidonvilles des lointaines banlieues." (p81)
 
"De loin, la femme de l'homme d'affaires pouvait passer pour une de ces vieilles beautés bronzées sous Lexomil combattant l'anorexie à l'American Express, de près c'était deux lèvres pincées débordées par un rouge à lèvres orange et un air vertical chargé de tenir le monde à distance." (p87)

"il ne restait que le nom d'une bière - Quilmes..."

"(...) deux bières encore à peu fraîches (...). Des Quilmes, ce peuple de montagnards qui s'étaient laissés mourir dans les réserves de la plaine où on les avait parqués, il ne restait que le nom d'une bière - Quilmes." (p283)

Résumé de l'éditeur : "Jana est Mapuche, fille d un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd'hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne. Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune soeur, durant la dictature militaire. 30 ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature, et leurs tortionnaires...
Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d'un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d'une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d'un des hommes d'affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l'Homme appliquée depuis 10 ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l'ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales..." Ed. Série Noire Gallimard, 2012, 456 p.

Voir aussi sur ce blog :
--> chroniques de lecture "Amérique latine"
--> la page générique "Littérature d'Amérique latine"
--> la rubrique "polars"
 

dimanche 4 novembre 2012

Punaises et faucheux ne craignent pas la phytolaque

Suite de mon billet de la semaine dernière sur cette plante bizarre, la phytolaque... (voir "une plante - terrible? - s'est invitée au jardin"), censée ne pas attirer d'insectes. J'ai toutefois surpris la mienne en flagrant délit de visite par une punaise rose des baies et un faucheux...


Punaise dolycoris baccarum sur phytolaque :
on distingue bien les poils de son pronotum
La punaise rose dolycoris baccarum, dite aussi punaise des baies ou pentatome des baies est un hémiptère... que je trouve fort joli !

Il est comme décoré de motifs noirs et blancs "inspirés du cubisme" (ses antennes et le bord de son abdomen). L'impression globale tend à un coloris rose clair dominant, avec un écusson (le triangle sur son dos) vert pâle. Très joli à regarder.
Je n'ai pas eu l'heur (euh...) de respirer ses effluves, donc no comment sur son odeur réputée indélicate...

"Il s’agit d’une punaise « à bouclier ». Son métathorax est de couleur rougeâtre assez variable et son écusson (scutellum) plutôt de teinte ocre. On la reconnaît aussi à son pronotum poilu. Ses antennes sont composées de 4 à 5 tronçons de couleur noir et blanc.


Punaise rose dolycoris baccarum sur phytolaque
Punaise rose dolycoris baccarum sur phytolaque
Vous pouvez constater que ma punaise rose s'amusait follement sur la fameuse phytolaque ! Et en passant, quelle fantastique couleur rose fuschia que les tiges de cette plante, et quels adorables petits fruits verts tels des mini tomates vertes... (mais attention... toxiques !)
Le mâle et la femelle de cette punaise sont très ressemblants (dimorphisme sexuel).

Punaise dolycoris baccarum face ventrale
(elle commençait à trouver ma présence irritante !)
Leur scutellum (pièce triangulaire particulièrement développée chez les pentatomes) est vert.

Les bords de l’abdomen, qui dépassent latéralement sous les ailes sont aussi rayés.

C'est un insecte piqueur : il pique avec un rostre qu’il enfonce dans les végétaux pour en consommer la sève ou la pulpe."

(sources : wikipedia et Quel est cet animal)






 

Punaise dolycoris baccarum  (élytre gauche cassée)
Voici deux photos d'une autre punaise des baies, prises ailleurs dans mon jardin (pas la même que sur la phytolaque), mais celle-ci semblait avoir l'élytre (on va dire "aile") gauche abîmée...
Punaise dolycoris baccarum avec élytre cassée


















Faucheux (opilion) sur phytolaque
Et pour revenir à ma plante phytolaque, voici la photo d'un faucheux (opilion, pas une araignée...) qui s'aventurait sans peur sur la plante...

Qu'y faisait-il ?

Je ne sais point... Mais il avait l'air à l'aise.
Rappel important : les faucheux sont inoffensifs !


Voir aussi :

- la page des "habitants de mon jardin"...
- la rubrique "insectes"
les autres billets de ma rubrique "jardin"...
- et la page "jardin" du blog !

NB : Toutes les photos sont prises avec mon fidèle compact Panasonic Lumix TZ3
 
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